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Simulazione della Quarta Prova di Francese degli Esami di Stato per gli Istituti con sezioni EsaBac

red - Viene di seguito proposta una simulazione della quarta prova di Lingua e Letteratura Francese per gli Istituti in cui sono attive delle sezione EsaBac. La prova consiste in un'analisi di un brano tratto dal romanzo Un Barrage contre le Pacifique (1950) di Marguerite Duras.

 

Dans le haut quartier n’habitaient que des blancs qui avaient fait fortune. Pour marquer la mesure surhumaine de la démarche blanche, les rues et les trottoirs du haut quartier étaient immenses. Un espace orgiaque, inutile, était offert aux pas négligents des puissants au repos. […]. Arrosées plusieurs fois par jour, vertes, fleuries, ces rues étaient aussi bien entretenues que les allées d’un immense jardin zoologique où les espèces rares veillaient  5 sur elles-mêmes. Le centre du haut quartier était leur vrai sanctuaire. C’était au centre seulement qu’à l’ombre des tamariniers s’étalaient les immenses terrasses de leurs cafés. Là, le soir, ils se retrouvaient entre eux. Seuls les garçons de café étaient encore indigènes, mais déguisés en blancs, ils avaient été mis dans des smokings, de même qu’auprès d’eux les palmiers des terrasses étaient en pots. Jusque tard dans la  10 nuit, installés dans des fauteuils de rotin derrière les palmiers et les garçons en pot, on pouvait voir les blancs suçant pernods, whisky-soda ou martel-perrier, se faire, en harmonie avec le reste, un foie bien colonial. La luisance des autos, des vitrines, du macadam arrosé, l’éclatante blancheur des costumes, la fraîcheur ruisselante des parterres faisaient du haut quartier un bordel magique où la race blanche pouvait se donner, dans une paix sans mélange, le spectacle sacré de sa propre  15 présence. Les magasins de cette rue, modes, parfumeries, tabacs américains, ne vendaient rien d’utilitaire. L’argent même, ici, ne devait servir à rien. Il ne fallait pas que la richesse des blancs leur pèse. Tout y était noblesse.

C’était la grande époque. Des centaines de milliers de travailleurs indigènes saignaient les arbres des cent mille hectares de terres rouges, se saignaient à ouvrir les arbres des cent mille hectares de  20 terres qui par hasard s’appelaient déjà rouges avant d’être la possession des quelques centaines de planteurs blancs aux fortunes colossales. Le latex coulait. Le sang aussi. Mais le latex seul était précieux, recueilli, et recueilli, payait. Le sang se perdait. On évitait encore d’imaginer qu’il s’en trouverait un grand nombre pour venir un jour en demander le prix.

Marguerite Duras, Un Barrage contre le Pacifique (1950)

I. COMPREHENSION

1) En vous appuyant sur les adjectifs et les images (comparaisons, métaphores…), précisez les caractéristiques de cette ville.

2) Observez les verbes employés : que nous apprennent-ils sur les activités des colons et des indigènes?

3) Repérez la couleur présente dans les deux paragraphes du texte (lignes 1-17 et 18-23). Quelle est la valeur symbolique?

II. INTERPRETATION

1) Quelle est la place réservée aux indigènes dans la ville?

2) Quels aspects du système colonial sont critiqués par cette description du « haut quartier »?

III. REFLEXION PERSONNELLE

D’après Marguerite Duras elle-même « Très longtemps, […] Un Barrage contre le Pacifique a été pris comme […] un livre de dénonciation de l’état colonial » : le roman et l’art en général sont-ils des moyens efficaces de lutter contre les injustices sociales et les inégalités ? Développez une réflexion personnelle (300 mots environ).

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