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Simulazione della Quarta Prova di Lingua e Letteratura Francese degli Esami di Stato dei corsi EsaBac

red - Di seguito viene proposta una simulazione della IV prova di Lingua e Letteratura Francese degli Esami di Stato dei corsi EsaBac. 

Analisi del testo

Dopo avere letto il testo rispondete alle domande e elaborate una riflessione personale sul tema proposto.

Dans le haut quartier1 n’habitaient que des blancs qui avaient fait fortune. Pour marquer la mesure surhumaine de la démarche blanche, les rues et les trottoirs du haut  quartier étaient immenses. Un espace orgiaque, inutile, était offert aux pas négligents des puissants au repos. […]. Arrosées plusieurs fois par jour, vertes, fleuries, ces rues étaient aussi bien entretenues que les allées d’un immense jardin zoologique où les espèces rares veillaient sur elles-mêmes. Le centre du haut quartier était leur vrai sanctuaire. C’était au centre seulement qu’à l’ombre des tamariniers s’étalaient les immenses terrasses de leurs cafés. Là, le soir, ils se retrouvaient entre eux. Seuls les garçons de café étaient encore indigènes, mais déguisés en blancs, ils avaient été mis dans des smokings, de même qu’auprès d’eux les palmiers des terrasses étaient en pots. Jusque tard dans la nuit, installés dans des fauteuils de rotin derrière les palmiers et les garçons en pot, on pouvait voir les blancs suçant pernods, whisky-soda ou martel-perrier, se faire, en harmonie avec le reste, un foie bien colonial. La luisance des autos, des vitrines, du macadam arrosé, l’éclatante blancheur des costumes, la fraîcheur ruisselante des parterres faisaient du haut quartier un bordel magique où la race blanche pouvait se donner, dans une paix sans mélange, le spectacle sacré de sa propre présence. Les magasins de cette rue, modes, parfumeries, tabacs américains, ne vendaient rien d’utilitaire. L’argent même, ici, ne devait servir à rien. Il ne fallait pas que la richesse des blancs leur pèse. Tout y était noblesse.

C’était la grande époque. Des centaines de milliers de travailleurs indigènes saignaient les arbres des cent mille hectares de terres rouges, se saignaient à ouvrir les arbres des cent mille hectares de terres qui par hasard s’appelaient déjà rouges avant d’être la possession des quelques centaines de planteurs blancs aux fortunes colossales. Le latex2 coulait. Le sang aussi. Mais le latex seul était précieux, recueilli, et recueilli, payait. Le sang se perdait. On évitait encore d’imaginer qu’il s’en trouverait un grand nombre pour venir un jour en demander le prix.

Marguerite Duras, Un Barrage contre le Pacifique (1950)

1  Ce quartier se trouve dans une ville du sud de l’Indochine française.

2  Du latex on tire le caoutchouc.

I. COMPREHENSION

1) En vous appuyant sur les adjectifs et les images (comparaisons, métaphores…), précisez les caractéristiques de cette ville.

2) Observez les verbes employés : que nous apprennent-ils sur les activités des colons et des indigènes?

3) Repérez la couleur présente dans les deux paragraphes du texte (lignes 1-16 et 17-22). Quelle est la valeur symbolique?

II. INTERPRETATION

1) Quelle est la place réservée aux indigènes dans la ville ?

2) Quels aspects du système colonial sont critiqués par cette description du « haut quartier » ?

III. REFLEXION PERSONNELLE

D’après Marguerite Duras elle-même « Très longtemps, […] Un Barrage contre le Pacifique a été pris comme […] un livre de dénonciation de l’état colonial » : le roman et l’art en général sont-ils des moyens efficaces de lutter contre les injustices sociales et les inégalités ? Développez une réflexion personnelle (300 mots environ).

Saggio breve 

Dopo avere analizzato l’insieme dei documenti, formulate un saggio breve in riferimento al tema posto (circa 600 parole)

Paysages: reflet du monde, reflet de l’âme?

Document 1 Salut ! bois couronnés d'un reste de verdure ! Feuillages jaunissants sur les gazons épars ! Salut, derniers beaux jours ! Le deuil de la nature Convient à la douleur et plaît à mes regards ! Je suis d'un pas rêveur le sentier solitaire, J'aime à revoir encore, pour la dernière fois, Ce soleil pâlissant, dont la faible lumière Perce à peine à mes pieds l'obscurité des bois ! Oui, dans ces jours d'automne où la nature expire, A ses regards voilés, je trouve plus d'attraits, C'est l'adieu d'un ami, c'est le dernier sourire

Des lèvres que la mort va fermer pour jamais ! Ainsi, prêt à quitter l'horizon de la vie, Pleurant de mes longs jours l'espoir évanoui, Je me retourne encore, et d'un regard d'envie Je contemple ses biens dont je n'ai pas joui ! Terre, soleil, vallons, belle et douce nature, Je vous dois une larme aux bords de mon tombeau ; L'air est si parfumé ! la lumière est si pure ! Aux regards d'un mourant le soleil est si beau ! Je voudrais maintenant vider jusqu'à la lie Ce calice mêlé de nectar et de fiel ! Au fond de cette coupe où je buvais la vie, Peut-être restait-il une goutte de miel ?

Peut-être l'avenir me gardait-il encore Un retour de bonheur dont l'espoir est perdu ? Peut-être dans la foule, une âme que j'ignore Aurait compris mon âme, et m'aurait répondu ? ... La fleur tombe en livrant ses parfums au zéphire ; A la vie, au soleil, ce sont là ses adieux ; Moi, je meurs; et mon âme, au moment qu'elle expire, S'exhale comme un son triste et mélodieux. Alphonse de Lamartine, « L'Automne », Méditations poétiques (1820)

Document 2

Julien poursuivait son chemin gaiement au milieu des plus beaux aspects que puissent présenter les scènes de montagnes. Il fallait traverser la grande chaîne au nord de Vergy. Le sentier qu’il suivait, s’élevant peu à peu parmi de grands bois de hêtres, forme des zigzags infinis sur la pente de la haute montagne qui dessine au nord la vallée du Doubs. Bientôt les regards du voyageur, passant par-dessus les coteaux moins élevés qui contiennent le cours du Doubs vers le midi, s’étendirent jusqu’aux plaines fertiles de la Bourgogne et du Beaujolais. Quelque insensible que l’âme de ce jeune ambitieux fût à ce genre de beauté, il ne pouvait s’empêcher de s’arrêter de temps à autre, pour regarder un spectacle si vaste et si imposant.

Enfin il atteignit le sommet de la grande montagne, près duquel il fallait passer pour arriver, par cette route de traverse, à la vallée solitaire qu’habitait Fouqué, le jeune marchand de bois son ami. Julien n’était point pressé de le voir, ni aucun autre être humain. Caché comme un oiseau de proie, au milieu des roches nues qui couronnent la grande montagne, il pouvait apercevoir de bien loin tout homme qui se serait approché de lui. Il découvrit une petite grotte au milieu de la pente presque verticale d’un des rochers. Il prit sa course, et bientôt fut établi dans cette retraite. Ici, dit-il avec des yeux brillants de joie, les hommes ne sauraient me faire de mal.

Stendhal, Le Rouge et le Noir (1830)

Document 3

Pour une surprise, c'en fut une. À travers la brume, c'était tellement étonnant ce qu'on découvrait soudain que nous nous refusâmes d'abord à y croire et puis tout de même quand nous fûmes en plein devant les choses, tout galérien qu'on était1 on s'est mis à bien rigoler, en voyant ça, droit devant nous...

Figurez-vous qu'elle était debout leur ville, absolument droite. New York c'est une ville debout. On en avait déjà vu nous des villes bien sûr, et des belles encore, et des ports et des fameux mêmes. Mais chez nous, n'est-ce pas, elles sont couchées les villes, au bord de la mer ou sur les fleuves, elles s'allongent sur le paysage, elles attendent le voyageur, tandis que celle-là l'Américaine, elle ne se pâmait pas, non, elle se tenait bien raide, là, pas baisante2 du tout, raide à faire peur.

On en a donc rigolé comme des cornichons. Ça fait drôle forcément, une ville bâtie en raideur. Mais on n'en pouvait rigoler nous du spectacle qu'à partir du cou, à cause du froid qui venait du large pendant ce temps-là à travers une grosse brume grise et rose et rapide et piquante à l'assaut de nos pantalons et des crevasses de cette muraille, les rues de la ville, où les nuages s'engouffraient aussi à la charge du vent.

1  Malgré notre situation de galérien.

2  La ville couchée évoque la femme couchée.

Céline, Le Voyage au bout de la nuit (1932)

Document 4

Un bubbolio lontano...

Rosseggia l'orizzonte,

Come affocato, a mare;

Nero di pece, a monte,

Stracci di nubi chiare:

Tra il nero un casolare:

Un'ala di gabbiano.

Giovanni Pascoli, “Temporale”, Myricae(1891)

Un roulement dans le lointain...

L'horizon qui rougeoie,

Tel un brasier, du côté de la mer;

D'un noir de poix, vers les montagnes,

Des lambeaux de nuages clairs:

Dans tout ce noir une chaumière:

Une aile éployée de mouette.

Giovanni Pascoli, “Temps d'orage”, Myricae(1891)

Traduction de Maurice Javion (Anthologie bilingue de la poésie italienne, La Pléiade, Gallimard)

Document 5 (tableau)

Caspar David Friedrich, Le Voyageur contemplant une mer de nuages, Kunsthalle de Hambourg (1817)

Pour cet artiste « l’art se présente comme médiateur entre la nature et l’homme », et « le peintre ne doit pas peindre seulement ce qu’il voit en face de lui, mais aussi ce qu’il voit en lui ».

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