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Histoire, Nature et Finalité. Histoire, liberté et moralité. Appunti per il CLIL di Storia in lingua francese

red - Di seguito vengono proposti alcuni appunti utili per le classi EsaBac o per le classi in cui sono attivi dei percorsi CLIL di Storia in lingua francese.

Il faut distinguer Histoire et histoire : appelons Histoire, l’ensemble des faits humains, la réalité historique, et histoire, la discipline qui étudie l’Histoire. Nous ne parlerons ici que de l’Histoire.

I. Histoire, Nature et Finalité.

a) Histoire humaine. L’homme est un être historique. Cela veut dire : il se fait à travers le temps, se donne une « forme » spécifique, culturelle, par son activité, pratique et théorique. Le moteur de l’histoire est le travail humain, comme Rousseau ou Marx nous le disent. Par le travail, l’homme inscrit sa marque dans le temps, et fait que ce temps échappe à la nature et devient temps du développement humain, orienté telle une flèche du passé vers l’avenir, temps linéaire et unique. Notons qu’on parle cependant d’histoires naturelles. La nature doit être comprise de façon dynamique, avec des trajectoires évolutives variées. Pas de fixité des espèces, d’« essences » immobiles : les êtres naturels changent. Mais ces éveloppements s’inscrivent dans le respect des lois naturelles nécessaires (ordonnées par le principe darwinien de la sélection naturelle, par exemple), alors que l’histoire humaine ne peut être pensé qu’en dehors de toute nature. Si nécessité il y a (et c’est une question importante), il ne peut s’agir que d’une nécessité propre à la culture humaine elle-même. Par exemple, l’histoire de la lutte des classes chez Marx, histoire nécessaire matériellement déterminé, qui donne l’intelligibilité de la pratique humaine (se placer du point de vue de l’histoire pour Marx permet d’échapper aux illusions de la conscience).

b) Le sens de l’histoire. Lier l’histoire au travail, c’est penser l’histoire comme donnant du sens. Prendre en compte la dimension historique, c’est découvrir du sens, mieux comprendre l’homme, ce qu’il fait, pourquoi, etc. Mais sens signifie également « direction ». On peut admettre que l’histoire « va quelque part », qu’elle est déterminée par une finalité. Dans le travail, l’homme se propose des fins : si l’histoire s’origine dans le travail, elle se dirige là où le travail la mène. Reste à savoir s’il existe une rationalité propre à l’histoire : une fin de l’histoire elle-même, derrière la multiplicité des fins humaines. En ce sens, l’histoire serait orientée par cette fin, tel un Bien ultime. Les grecs pensaient ainsi la société (le Bien commun comme finalité), les chrétiens pensent ainsi l’histoire elle-même. L’histoire de l’humanité se comprend à partir de la perspective du salut. Bossuet affirme : « l’histoire, c’est le retour des hommes à Dieu ». La fin signifie également l’arrêt. L’histoire se termine au jugement dernier.

Cette perspective « téléologique » en donnant un sens et une fin (dans tous les sens des termes) à l’histoire, éclaire toute l’activité humaine. Marx retiendra quelque chose de cela, lorsqu’il pense la fin de la lutte des classes, après la dictature du prolétariat qui doit supprimer tout retour du capitalisme.

La finalité prend souvent le nom de « progrès » : si l’histoire tend vers un Bien, n’est-ce pas le fait que l’homme, en s’autonomisant par rapport à la nature, rend le monde plus habitable. La philosophie des lumières est une philosophie du progrès, matériel et spirituel, de l’humanité. Mais cette notion est intéressante pour une autre raison : elle conserve l’idée de finalité (le mieux-être vers lequel on tend), tout en permettant à l’homme d’être l’acteur unique de cette histoire, sans recours obligatoire à une transcendance : le moteur de l’histoire est inhérent à l’histoire elle-même. On peut noter que pour évaluer ce progrès, il existe des indicateurs culturels : taux d’alphabétisation, fécondité, etc. Comme le dit Emmanuel Todd : « Tous les pays, les uns après les autres, marchent allégrement vers un état d’alphabétisation universelle » (Le rendez-vous des civilisations, Seuil, 2007). L’homme exerce certes sa liberté, mais il existe des déterminations identifiables qui participent de la formation de l’homme : l’homme est un être culturel qui dépend d’abord de son environnement.

II. Histoire, liberté et moralité.

a) Histoire et liberté. Si on admet que le travail humain s’enracine dans la liberté, alors ce moteur n’est pas un auto-déploiement nécessaire comme chez Marx. Le progrès n’est pas inéluctable, il dépend de l’homme lui-même. Machiavel disait déjà que l’homme agit contre la fortune (au sens de la nécessité). Certes, la fortune est une force naturelle nécessaire, mais si la fortune détruit et dévaste, l’homme peut non seulement réparer mais prévenir, par son travail constructif. Ainsi, à la fortune répond la liberté humaine. Penser la notion de progrès suppose également une possibilité de hiérarchiser les époques, d’unifier les différentes évolutions sociétales. Si la liberté est au cœur de cette entreprise, cette unification est plus un idéal de la raison pour « donner sens » à l’action humaine, qu’une connaissance positive réelle. Pas de jugement factuel infaillible et absolu, sur une Histoire elle-même nécessaire, mais un jugement humain réfléchi (forcément relatif) pour dégager une direction, qui n’est pas indépendante de ce jugement même (il y a toujours une part d’interprétation lorsqu’on unifie des phénomènes aussi multiples que les phénomènes humains : même la discipline histoire n’échappe pas à cela). Que l’idée de progrès soit un idéal ne veut pas dire qu’il s’agisse d’une utopie. Un idéal bien pensé est rationnel. Mais il est vrai que les idéaux nourrissent les utopies, qui ne s’enracinent plus dans la réalité du monde. Une question importante est celle du rapport de cet idéal (comme finalité proposée à notre liberté) au réel, dans lequel s’inscrit nos conditionnements.

d) Histoire et Mal. Penser le Mal dans la perspective de l’histoire, c’est également s’autoriser à minimiser ce qui fait le sens du concept de mal lui-même : l’insupportable souffrance qu’il porte, et qui est un perpétuel défi à ce qui fait sens pour l’homme. D’où la tentation, via l’histoire, d’une justification. Ainsi, la théodicée de Leibniz (défense de Dieu) élimine-t- elle le mal du point de vue de l’ensemble (ce qui suppose d’englober le temps humain dans le plan divin) : le mal n’est qu’une apparence propre à notre perspective limitée. On peut également penser un rapport dialectique entre Bien et Mal. Le mal peut être un moment du bien, comme un moyen pour une fin. Kant refuse tout cela : c’est la raison pour laquelle l’Histoire ne peut pas tout justifier (pensons à la théorie de la dictature du prolétariat qui justifie les crimes totalitaires du communisme) : face à l’histoire, demeure le jugement humain, jugement qui est également jugement moral. Faut-il préférer le point de vue de l’histoire à celui de la conscience ? Certes, la conscience s’illusionne. Reste que sans elle, qui jugera de l’histoire elle-même ? L’idéal n’est qu’une idée régulatrice (une manière de penser l’évolution humaine), nous dit Kant : à ce titre, elle demeure une idée, et tout idée passe devant le tribunal de la raison. Mes idéaux, quels qu’ils soient, ne doivent donc pas me rendre aveugle à la réalité. Or le mal, comme souffrance, comme défi fait à la raison, comme injustice sociale, n’est-elle pas une réalité ?

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